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Hôtel Primorié
vendredi 22 février 2008
De Paris, j’ai réservé deux nuits à l’hôtel Primorié, oulitsa Possetskaïa, 20. C’est près de la gare , on salue Lénine, on coupe par un escalier, on se trouve à flanc de colline.
Rue Possetskaïa, les pêcheurs vendent leurs poissons, les agricultrices vendent des légumes "nature", sales encore de la terre d’où ils viennent. On vend des bonbons, des chaussures, des vêtements. J’achète des bonbons, des "Karovka" (коровка), des caramels tendres.
A l’hôtel, je dépose mon passeport et ma carte d’immigration. Vladi, j’y suis ! Par la fenêtre, je devine l’océan proche, derrière les "khroutchevski", les immeubles de brique construits du temps de Khroutchev, où chaque appartement dispose d’un balcon transformé en loggia. Mais ce n’est pas dans la mer que je saute, c’est dans la baignoire, après avoir allumé la télé qui diffuse un documentaire sur Mondrian, et - sur les chaînes locales - donne la température extérieure : -8.

- Rideau "travaillé"
Conseil : ne pas la perdre. En principe, chaque voyageur, dans ses déplacements, doit se faire donner un coup de tampon à l’OVIR (un service du commissariat de police) dans un délai de 72 heures après son arrivée dans une ville. Les hôtels accoutumés aux étrangers font la démarche pour les clients, mais les autres... C’est qu’en sortant de Russie, vous devez être en mesure de prouver que vous n’avez pas vagabondé sans contrôle. Et j’ai bien l’intetion de vagabonder sans contrôle.
J’avais dans la manche une carte secrète : un faux descriptif précis de mon emploi du temps, pendant trois semaines, à Vladivostok, dûment estampillé par l’Intourist.
Avant de partir, je m’étais promis de photographier, à chaque arrêt, une représentation de Lénine, statue, bas-relief, médaillon. Rien de plus facile. Je voulais aussi photographier : un repas, un feu de circulation, une pendule, une fenêtre.